Jean-Luc Guizonne, son nouveau projet Sourire, "Je reste à l’écoute de ce que mon cœur me dicte."

02 juin 2017 - 1580 vues

Nombreux sont ceux qui connaissent Jean-Luc Guizonne avec déjà plus de dix ans de carrière à son actif. Très talentueux, il a été en finale de la Star Ac 5 pour ensuite brûler les planches des meilleures comédies musicales de Broadway aux Folies Bergères. Véritable caméléon, nous l’avons connu en tant que Mufasa dans Le Roi Lion, le militant Sam dans Madiba ou encore le rockeur John dans Gospel sur la Colline. Pour vous, Soul-addict est parti à la rencontre de cet artiste complet, bien décidé à en savoir plus sur son nouveau projet, « Sourire ». Découvrez un entretien riche où il évoque l’ensemble de sa carrière musicale. C’est dans une ambiance « old school », proche des classiques de la Motown, que Jean-Luc Guizonne a décidé de faire du Jean-Luc Guizonne. Il a su s’entourer d’une fine équipe artistique et a une nouvelle fois donné le meilleur de lui-même. Voici son échange avec notre journaliste, Hanazade.

Hanazade : Bonjour Jean-Luc. Je suis heureuse de te retrouver aujourd’hui dans le cadre de ton nouveau projet « Sourire ». Va-t-on encore découvrir une nouvelle facette de ta personnalité ?

Jean-Luc Guizonne : Oui, on peut dire que j’ai montré plusieurs facettes. Je viens du théâtre musical et j’ai cette faculté à très vite m’imprégner d’un personnage. Ca peut venir d’un univers ou d’un registre musical. J’arrive à pouvoir me sentir à l’aise dessus. Le plus dur pour moi, arrivé sur ce nouveau projet, c’est qu’il m’est propre, très personnel. Et justement, je me devais de clairement délimiter l’univers. Parce que j’ai tendance à vouloir tout chanter, et malheureusement tout chanter ce n’est pas ce qu’on recherche. Je crois que le parti pris c’était de vraiment définir mon univers musical.

H: On te connais déjà depuis un bout de temps. Tu as démarré sous le feu des projecteurs en 2005 à la Star Ac, et depuis tu as enchaîné les projets. C’est rare dans le métier, quel est ton secret ? 

JLG : J’ai eu cette chance oui. J’ai pu trouver du boulot dans le métier que j’aime. Quand j’étais plus jeune, on découvrait le phénomène de Télé Réalité. La plupart d’entre nous pensait qu’après être exposé, forcément derrière la carrière en découlait. Les gens pensaient qu’on venait sonner chez nous et qu’on nous proposait du travail. Mais très vite c’est la désillusion, parce que ce n’est qu’un pied à l’étrier. Tu as une belle visibilité, ce qui n’est pas négligeable parce que c’est ce qu’il y a de plus difficile à avoir, mais derrière commence le vrai travail. Il faut constamment passer des auditions, passer des castings. Il faut écrire, chanter composer des choses et ne pas juste rester dans la passivité. Il ne faut pas attendre que les choses viennent à toi mais bien au contraire prendre les devants. Donc oui je suis complètement d’accord avec toi, il y a pas mal de belles choses qui me sont arrivés. Le Roi Lion, Disney, Madiba, mais j’ai dû les chercher.

H : Moi ce qui m’a marqué c’est que, dès tes débuts à la télévision, on a direct vu un bosseur. A la Star Ac, certain arrivait et apprenait à l’instant T alors que toi tu avais déjà un certain niveau. Tu es arrivé en final sans trop de difficulté. Et on a même eu droit à un duo avec Stevie Wonder.

JLG : Non je n’avais pas le niveau. J’étais plus en admiration devant le maître incontesté de la musique soul. Ca n’a pas été simple pour moi. Evidemment quand je revois le moment je me dis « Wahou. C’est vraiment moi le mec à côté de cette légende vivante ? ». En réalité, je ne réalise toujours pas. Et oui bien sûr, il y a eu du boulot, beaucoup de boulot en amont. Et à l’heure actuelle je n’ai pas fini d’apprendre. C’est encore du taf, c’est encore de l’écoute, c’est encore de la remise en question. Je crois que c’est le moteur, je crois que c’est ce qui permet de rester d’actualité. A la Star Ac  j’étais en mode taf, je ne me suis pas posé de questions. J’avais la chance de prendre mes premiers cours de chant, premiers cours de danse, premiers cours d’expression scénique. Ca se passait à la télé certes, mais en tout cas avec des professionnels qui réellement maîtrisaient le domaine. Alors je ne me suis pas posé de question et j’ai bossé. J’ai vraiment tout pris au sérieux et on a travaillé comme jamais. Les gens n’ont pas forcément conscience de ça. Ils voyaient les prises de bec, les petites amourettes. Mais en réalité le réveil sonnait à sept heure du matin et il n’y avait pas d’heure de fin. On avait des Prime Time à préparer et à l’époque c’était des audiences qui étaient monstrueuses. On était en moyenne à 10 millions de téléspectateurs, ce qui  n’était pas simple. Et donc je garde le souvenir d’une vraie école, avec la rigueur que ça nécessite.

H : Et tu as continué après, à prendre des cours ?

JLG :  Oui complètement. J’ai vraiment eu une chance exceptionnelle qui est de rebondir tout de suite avec le Roi Lion qui est un théâtre musical de Broadway. Et pour le coup, quand on est dans une comédie musicale comme le Roi Lion et que Disney décide de te donner la responsabilité de Mufasa, cela implique aussi comédie, chant, danse et toute la rigueur qui va avec. J’ai fait trois ans en France, un an sur l’Asie à Singapour et deux ans en Allemagne. Donc ça était vraiment un très gros chapitre qui m’a permis de faire de belles rencontres, et surtout de m’affranchir de cette étiquette Star Academy. Mais il faut savoir que je n’ai en rien cherché à l’effacer, ça fait parti de moi. J’éprouve une vraie fierté d’être passé par là. Mais si vraiment il y a une étiquette à enlever, ça se fait avec le temps et le travail.

H : Et ça n’a pas été trop difficile d’être si longtemps sur les routes ?

JLG : Oui mais c’est mon métier. Mon métier c’est de pouvoir bouger, c’est de pouvoir exprimer le chant, la comédie, et de jouer là où on a envie de me voir. Tu sais j’ai fait un long « break », et là pour le coup je passe plus du côté personnel. Et malgré tout, même si tu es tranquille à la maison, tu n’es pas bien. Tu n’es pas plus heureux que ça parce que tu as toujours l’appel de la scène, parce que tu es fait pour ça et que ça te manque. Le réel bonheur c’est d’être avec les tiens mais c’est aussi de pouvoir être sur scène. Donc voilà, c’est un compromis. Il y a du bon et du négatif dans tout au final. Tout est une question d’équilibre.

H : Donc aujourd’hui on comprend que tu tournes une page et que tu te consacres à ta carrière solo. On a vite remarqué que tu pouvais tout chanter. On a été interpelé par ton personnage le Jee-L, il a chanté dans la collégiale rnb « Porte Mon Gosse » featuring Matt Houston, Willy Denzey, Nov et de nombreux autres chanteurs. Tu étais alors un chanteur 100% rnb. Est-il voué à disparaître ?

JLG : Jee-L fait parti de moi oui. Mais je ne communique plus dessus. Est-ce que je l’ai définitivement enterré ? Oui et non. Loin de moi l’idée d’être dans une espèce de schizophrénie. Mais le projet « Sourire » se veut un tout petit peu plus mature. Il est plus abouti musicalement. Il y a une recherche d’instruments purs pour du live acoustique. Je me suis enfin découvert. Donc en étant Jee-L je ne me cachais pas, mais il s’est passé du temps et il y a eu une vrai maturité qui s’est installée. Et à présent Jean-Luc Guizonne présente du Jean-Luc Guizonne. On a aujourd’hui quelque chose qui se veut Motown, un vrai retour dans les années 80’s, 70’s. On a vraiment déterré la musique black & soul, une musique qui a mon sens est intemporelle. A l’heure où on se parle c’est ce qui me correspond. Et c’est ce qui a de merveilleux dans la musique, elle n’est jamais figée. Il y a constamment une évolution, un roulement. Peut-être que dans deux ans je reviendrais sur autre chose. Je ne me fixe pas de limite. Je reste à l’écoute de ce que mon cœur me dicte et de ce que mon âme me raconte.

H : Oui, et on a l’impression que tu adores travailler en collectif. Après les troupes de comédies musicales on te retrouve ici avec un live band.

JLG : C’est essentiel. Un proverbe dit « Seul on va très vite, à plusieurs on va plus loin. » Et c’est quelque chose qui fait réellement parti de moi. J’ai eu la chance de travailler avec des troupes de théâtre musical, où on porte un projet ensemble. Et c’est vraiment essentiel d’être à l’écoute, d’avoir des conseils, d’apprendre et de proposer. C’est comme ça qu’on a conçu ce projet. On a un excellent saxophoniste qui s’appelle Eden Beck. Il a juste une envie pressante de pouvoir partir en tournée et de jouer tous ces titres. On lui a fait écouter le projet à l’état brut et on lui a fait confiance. Je ne lui ai pas donné de barrière en tant qu’interprète. Je n’avais pas de partition. On lui a juste donné un fil conducteur et c’est comme ça qu’on a travaillé tous les éléments de l’album. On avait juste comme moteur le plaisir et le sourire. Sey Sey, qui est aussi compositeur pour le Wati B, Black M et Shay, a aussi participé. Cet album est conçu pour aller à la rencontre du public. On va tourner, on va chercher les gens, on va les faire danser.

H : Et les textes, tu les as écrit toi-même ?

JLG : Oui en grande partie. Pour l’ensemble j’ai co-écrit encore avec Marc Létan. C’est un excellent auteur compositeur. L’idée principale est que l’album puisse nous accompagner toute une période de nos vies, avec des moments heureux ou un peu plus difficiles. Les choses avancent, elles passent, et on se rend compte que le souvenir reste. On se dit en écoutant un morceau, je passais telle épreuve, telle personne de ma famille traversait ça, et c’est aussi à ça que sert la musique. C’est un album qui va parler d’amour, d’amour sous toutes ses coutures, sous tous ses revers. C’est pour moi le remède pour que cette terre aille mieux. Il y a des titres qui me sont propres, très personnels. Et puis y en a d’autres où je me suis fait plaisir et où je suis parti en scénario. J’ai extrapolé sur des choses qui ne me sont pas forcément arrivés, mais que je suis sûr beaucoup pourront s’y retrouver.

H : Il n’y avait pas de difficultés particulières à écrire en français ?

JLG : Pas du tout. Ca revient souvent, on me dit « Mais comment est-ce que tu peux faire de la soul en français. » Y en a un qui l’a très bien fait, c’est Ben l’Oncle Soul. On n’a pas cherché à le copier ou s’en rapprocher. Mais en revanche c’est à mon sens celui qui a su le mieux adapter la soul avec la langue française. Donc non, ça n’a pas posé de réelle difficulté. A partir du moment où tu as la musique et un réel feeling c’est possible. En France on est très attaché aux textes, on le sait et on a fait avec. Et moi c’est quelque chose qui du haut de mes presque quarante ans me parle aussi. On ne peut pas être juste sur scène, faire de la musique et ne rien avoir à raconter. Donc je crois qu’on a réussi le pari de mélanger soul et français. Même si je fais de gros clins d’œil à des artistes américains comme Stevie Wonder, Bill Withers. Ils ont fait la soul telle qu’on l’aime, la soul pure.

H : Et quelles sont tes influences aujourd’hui, tu écoutes particulièrement cette musique là ?

JLG : Pas forcément. Je vais écouter du Hip Hop US comme je peux écouter de la trap française. Je suis assez éclectique au niveau de mon écoute musicale. Je vais m’arrêter, je vais regarder autour de moi, et je vais partir sur un thème. Je n’ai pas une playlist prédéfinie que je vais réécouter en boucle. Pour mon projet je savais où je voulais aller, on en a beaucoup discuter, donc je n’avais pas particulièrement à écouter que de la soul. Je reste à l’écoute de mes émotions et de mon sentiment du moment. Dans la soul je n’hésite pas à déterrer des classiques comme Lee Fields, Barry White ou Donny Hathaway.

H : As-tu quelque chose de spéciale à dire pour les lecteurs et auditeurs de Soul-Addict ?

JLG : Merci pour votre intérêt. J’ai vu que le teaser a suscité pas mal de retour et de questionnement. Je vais vous demander de patienter encore un peu parce que je sais qu’il y en a beaucoup qui attendent l’album. J’aurais voulu donner une date concrète de sortie mais ce n’est pas aussi facile que ça laisse paraître. A bientôt.

Rendez-vous donc sur ses réseaux sociaux et son site

http://www.jeanlucguizonne.com/

Propos recueillis par Hanazade MRADABI

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