TLF "Je suis "No limit" au fond de moi-même, que ce soit dans le coeur ou la tête."


19 mai 2015 - 3838 vues

Soul-Addict a eu la chance d'écouter en exclusivité le nouvel album de TLF "No Limit". Vous avez déjà pu découvrir de nombreuses vidéos et certains tubes qui en sont extraits comme "Ailleurs" ou "Mourir ce soir". L'artiste nous a accueilli dans un salon très cosy et a livré pour notre plus grand plaisir quelques uns de ses secrets de fabrication. L'album est attendu pour le 15 juin 2015 mais le rappeur nous prépare plein de surprises en attendant. Restez connectés!

Hanazade: Je suis heureuse de te voir aujourd'hui. Merci pour cette écoute exclusive. On avait entendu de belles choses mais là ça dépasse nos attentes! Tes clips ont énormément de succès sur Youtube. On se repasse en boucle le clip "Ailleurs". Comment tu as eu l'idée de cette évasion, ce voyage en plein désert?

TLF: J'ai un ami à moi qui s'appelle Khalifa, il m'a présenté l'équipe de la réal. J'ai eu un vrai coup de coeur. Je voulais vraiment ça. Il avait la touche que j'attendais. C'est très scénarisé. Habituellement je suis casse-tête dans le travail. Là je ne me suis pas posé de questions. Je suis allé naturellement au Canada. On a tourné "Ailleurs", je me suis vraiment laissé guider. On était quatre jours dans le désert.  C'était non stop, on se levait tôt le matin, y avait la chaleur... Mais le résultat est sublime.

H: Peux-tu nous parler de la production du morceau. On entend de l'auto-tune alors que tu as choisi d'apparaître en pleine nature, tu n'avais pas peur de faire artificiel?

TLF: Sur le titre "Ailleurs" on entend la voix de Skalpovich, c'est un vrai prodige. Il s'occupe de la plupart de mes productions. Il prépare actuellement son album et a fait beaucoup de mélodie que vous entendez chez d'autres rappeurs. Il a travaillé auprès d'Indila sur "Dreamin" de Youssoupha. Il a de l'expérience mais là c'est vraiment son premier featuring. C'est lui qui chante, sa voix est méconnaissable avec l'auto-tune et ça apporte une singularité. On se demande si c'est un homme ou une femme. Beaucoup pense à une femme.

H: En tout cas le morceau et le clip ont beaucoup de succès, ça tourne en boucle sur M6, Trace Urban et NRJ. Pourquoi avoir donné l'exclu à NRJ?

TLF: En fait on avait fait écouter le morceau à tous nos partenaires, tous ceux qui soutiennent la musique urbaine. Et NRJ ont été les premiers à partir dessus, ça s'est fait très rapidement. On avait montré d'autres clips mais ils tenaient vraiment à partir sur celui-ci en premier. Il croyait en son potentiel et ils ont foncé. Moi je suis un rappeur qui aime quand les choses se font rapidement, ça insuffle une bonne énergie, alors j'ai joué le jeu.

H: Dans "Ailleurs" tu rappelles "Je viens d'un petit village", c'est ça qui t'as donné envie de bouger d'avoir des collaborateurs et partenaires du monde entier, français, allemands ou même canadiens?

TLF: Oui je viens de loin, c'est important pour moi. Je voulais sortir de mes automatismes, des bases que j'ai toujours eu. Mon projet s'appelle "No limit" alors à aucun moment on ne doit sentir que je suis limité. Tu ne dois pas travailler avec le même réalisateur que tout le monde, faire le même genre de clip. Les choix étaient forcément plus larges. Mais ce n'est pas que sur cet album, c'est vraiment mon parcours.

Moi à la base j'ai passé mon enfance aux Comores, loin de mon père et ma mère, chez ma grand-mère maternel, je le dis dans un morceau. Et à l'époque j'étais dans un village. Dans ma tête j'étais tout seul, bloqué. On m'appelais "le gardien" parce que je ne bougeais jamais. Je regardais le ciel, les étoiles. Du coup quand je suis arrivé en France j'ai vu des trucs de malades. Dans ma tête ça devenait "No Limit" (rire). Pour apprendre la langue j'écoutais beaucoup de musique, je me passais la variété, je ne savais même pas ce que c'était. J'apprenais la langue comme ça. Et puis j'ai fait beaucoup de bêtises. C'est clair que j'ai eu ce besoin de liberté. Ca vient de loin. J'ai fait des mauvaises choses, d'autre meilleur. J'étais animateur, je gardais des enfants. Je ne pouvais plus tenir en place. L'animal est sorti de sa cage et il a tout dévoré (rire). Je suis "No limit" au fond de moi-même, que ce soit dans le coeur ou la tête. Ca me donne du courage.

H: Dans tes morceaux tu révèles beaucoup d'émotion. C'était important pour toi de livrer des messages personnels ?

TLF: Oui "Ailleurs" c'est un peu ma vie, mes galères, ma traversée du désert. Je voulais vraiment le mettre en image. Je me suis investis, je suis tombé, je me suis relevé. Quand c'est ta vie t'es obligé de t'impliquer. J'ai emmené mon fils, il est resté près de moi mais avec la clim' (sourire). Ca va il était tranquille. Au final t'as un message. Dans la vie malgré les obstacles, les barrières qu'on peut nous mettre, il ne faut rien lâcher, il faut être "No limit", il faut croire en son étoile. Des fois on est là, sans oseille, dans les problèmes, mais il faut savoir relever la tête et profiter de sa vie. Donc oui je tenais vraiment à envoyer ce message là, que dans la vie il ne faut rien lâcher, qu'on peut toujours se retrouver ailleurs. Je n'ai jamais lâché l'affaire même quand les autres n'y croyaient pas. Quand on a douté de moi j'ai toujours cru en mes qualités et ce que je pouvais faire. Et je ne regrette pas. Au début j'ai cru que j'allais arrêter rapidement, c'était comme un essai, mais aujourd'hui j'ai trouvé ce qui me va. Dès mon album "Rêves de rue" j'étais allé à Miami. Je disais "Miami" donc il fallait vraiment que j'y aille. Et si demain je dis Japon j'irai au Japon. Ca représente vraiment mon état d'esprit. Je suis visionnaire. J'essaie d'apporter quelque chose de neuf.

H: Certains titres sont très festifs comme "Wanted". Ca peut étonner mais tu chantes beaucoup.

TLF: Oui je suis allée aux Etats-Unis, j'ai pris plein d'images. Avec Emily N on s'est amusé sur le tournage. C'est plein de vie. Le clip est très très lourd (sourire). C'est un son d'été, on profite. Je me suis amusé à chanter. Mais pour ceux qui me connaissent vraiment j'ai toujours chanté, ça vient naturellement. Depuis dix ans j'ai toujours fait des refrains chantés. J'ai toujours poussé la chansonnette (sourire). Artistiquement je ne m'interdis rien, même si je ne suis pas Mariah Carey. Chanter c'est inné, quand tu as ça tu l'exploites. Après l'auto tune ça aide un peu, on ne le cache pas. Ca permet de se différencier d'autres rappeurs. Soprano s'est démarqué grâce au chant, on le reconnait de suite.

H: On te sent très ouvert, même dans les sonorités musicales qui peuvent être plus pop.

TLF: Avec cet album je veux parler à tout le monde. Pendant des années, dix ans, j'ai fait que du rap street, hardcore. Dans Talents Fâchés j'ai donné que ça. A un moment donné il fallait que je fasse un choix, soit j'arrête la musique soit je donne autre chose. J'essaie d'avancer avec ma génération. Les gens évoluent. Ceux qui m'écoutaient avant peuvent être devenu parent comme moi. On a d'autres préoccupations, on ne veut pas tout le temps entendre la même chose. Ce n'est pas mon délire de me répéter. C'est pour ça sur cette album je suis vraiment fier j'ai transmis mon état d'esprit d'aujourd'hui. J'ai travaillé pour tout le monde. C'est ça aussi être "No limit".

H: Un de tes titres "Godzilla" a eu énormément de succès, va-t-on le retrouver dans l'album?

TLF: Non. Il est lourd, les gens ont aimé mais je ne l'ai pas inclu. Pour moi il était gratuit, comme un buzz. Il ne s'intègre pas dans ce que je veux apporter avec "No limit", il ne me fait pas sortir des frontières. C'était un titre facile. Là il faut vraiment que les gens rentrent dans mon personnage et découvre qui je suis.

H: Certain garde ton album "Renaissance" comme un de tes classiques. Tu as eu un franc succès avec le titre "Criminel" featuring Indila.

TLF: Oui mais à l'époque je n'avais pas vraiment confiance en moi. J'avais besoin d'être entouré, je préférais travailler pour les autres. J'ai toujours eu ce côté là, en retrait, qui préfère donner aux autres. On m'entendait dans les refrains mais je ne m'imposais pas. En 2009/2010 j'ai du faire un choix, porter mes textes et je pense avoir réussi. En 2012 j'étais revenu mais j'ai commis des erreurs, c'était trop dans le business, moins personnel, je ne commettrais plus les mêmes erreurs.



H: Tu n'exclus pas de re travailler avec ton frère Rohff?

TLF: Je ne cache jamais rien là dessus. A une époque on avait essayé avec OVNI, on a aussi sorti des titres comme "Pimp my life" avant mais les projets n'ont pas été vraiment concluant. On a finalement abandonné et je suis reparti en solo. J'avais 23 ans, j'ai 34 ans aujourd'hui. On donne chacun son truc. Je ne peux pas m'amuser à rapper comme avant, parler de prison, mais ce n'est pas exclu qu'un jour on se retrouve encore ensemble.

H: Comment prends-tu les comparaisons avec ton frère? On dit que vous avez la même voix.

TLF: Oui normal c'est mon frère. Comme on dit on vient du même moule on y peut rien. Moi ça ne me dérange pas. C'est la famille.

H: En général tu es "No limit" dans tes collaborations. Dans cet album on retrouvera des featurings autant avec des jeunes artistes que des artistes affirmés comme Soprano.

TLF: J'essaie toujours de rester précurseur, dénicheur de talents. Je ne fait pas des featurings opportunistes. Pour moi un morceau ne tient pas qu'avec un grand nom. C'est le talent d'abord qui fait le succès. C'est pour ça que j'ai fait le projet "Talents fâchés". C'est ma passion. C'est avec ça que j'ai commencé. J'aurais pu amener des américains, des grands noms français, mais je reste toujours ouvert aux réseaux sociaux. J'écoute les jeunes qui me contactent. Je trouve qu'aujourd'hui on peut faire un très bon morceau sans forcément être connu.

H: Qu'est-ce que tu écoutes comme musique?

TLF: J'ai grandi avec le 113, après j'ai été bercé par les américains comme Biggie, LL Cool J, TuPac et tant d'autres. Ce n'était pas le même univers musical à tous les morceaux et ce n'était pas ennuyant. Y avait du dansant, du conscient. Un album c'est ça, les humeurs de toutes les personnes qui y travaillent. C'est ce que je recherche dans la musique.

H: Et c'est ce qui fait qu'on ne s'ennuiera pas en écoutant "No limit"! Un dernier mot pour les auditeurs de Soul-Addict?

TLF: Le prochain single c'est "Je suis un homme", le clip arrive fin mai. Préparez-vous et restez "No Limit"!

Par : Hanazade

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article