Shaniz," On est des femmes et on a besoin que de nous même pour s'en sortir."


22 avril 2015 - 6994 vues

Soul Addict est parti à la rencontre de Shaniz. Connue avec le tube "A contre sens" en featuring avec Maître Gims. Désormais elle s'envole pour une carrière solo et nous dévoile son univers avec le titre "C'est fini". On découvre une femme plein de charme, drôle, au tempérament bien trempée. Toujours spontanée, Shaniz sait aussi bien s'exprimer sur papier que derrière un micro.

Hanazade: Salut Shaniz, enchantée de te rencontrer à l'occasion de la sortie de ton dernier single "C'est fini". Pourquoi l'as-tu choisi?

Shaniz: Déjà j'espère que le morceau vous plait! Je l'ai choisi parce qu'il bouge, il est très urbain, avec des rythmes pop & rock. Je me suis beaucoup amusée à l'écrire, il parle de mes expériences, et de celles de mes copines. Je n'ai pas hésité une seconde. Je le trouve vraiment très fun.



H: Tu est auteure, tu écris toutestes paroles alors?

S: Oui j'adore écrire. J'ai toujours été comme ça. Même à l'école j'adorais disserter, tartiner des pages. J'écrivais des poèmes. Ca a toujours été comme ça.

H: Ah ouais. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Et tu viens de tourner le clip, comment ça s'est passé ?

S: On n'est pas allé très loin. C'était en plateau dans un studio, derrière un fond vert. Il y avait des danseurs. On ajoutera beaucoup de couleurs. Durant le tournage on m'a traité comme une reine, coiffée, maquillée. J'ai adoré. J'étais une super star, comme Beyonce. (rire)

H: Tu as le nom de l'album?

S: Non je ne l'ai pas encore choisi. Enfin oui j'ai choisi. Mais je n'ai pas trop envie de le dire. On ne sait jamais si je change d'avis. Je garde le secret jusqu'à la fin! (rire) Moi je suis quelqu'un qui fonctionne au feeling. Du coup je ne m'interdis pas de le changer.

H: Tout ton album va avoir cette dynamique pop urbaine?

S: Pas tout à fait. Je ne sais pas comment définir les titres mais ils sont bien prêts à être écoutés et lourds. Il y aura des chansons rnb. Ce sera un mélange avec de la pop, du rock  et du hip hop. Tout ce que j'écoute. Presque tous les jours je me passe du Beyoncé. Mais j'écoute aussi Christine and the Queens ou du rap. Après j'aime bien London Grammar. Je fonctionne plus par coup de coeur. Avant quand j'étais plus jeune j'étais fan des artistes maintenant c'est plus d'une musique. J'accroche sur des titres d'univers vachement différent. A l'heure actuelle je ne pourrais pas citer d'artistes que j'écoute plus qu'un autre. Même si c'est vrai que Beyoncé reste la référence.

H: Tu es allée au stade de France?

S: Oui, mais sur le coup j'ai trouvé qu'elle ne s'est pas foulée (rire). Parce que moi je suis une grosse addict, j'ai regardé toutes ses vidéos avant, ceux des States, et là j'ai trouvé que c'était plus calme. Bien sur j'ai kiffé parce que les deux sur scène c'était mémorable, on ne le reverra plus ! Mais sur le coup c'était un peu vide. D'habitude elle est sur scène avec des musiciens, plein de danseurs... Ce n'était pas un super show de malade à la Beyoncé. Mais Beyoncé et Jay Z ont du charisme en veux-tu en voilà.

H: Tu as démarré avec H Magnum alors, peut-on dire que c'est ton mentor?

S: Pas mentor. J'ai grandi avec lui, on était dans le même quartier. On a commencé dans la musique naturellement. Je ne le vois pas comme un mentor. Mais oui il a su me pousser, me donner des opportunités. On a toujours travaillé ensemble. On se connait. C'est la famille en fait.

H: Et comment s'est passé ta collaboration avec Wayne Beckford ton producteur?

S: On ne parle pas la même langue, il est américain moi je parle français, mais on s'est tout de suite compris. C'est fantastique. Même s'il travaille avec énormément de personnes et que moi je suis encore au début il n'a pas hésité, il était disponible. Il est resté là des heures à bosser. Il donne tout. J'ai une chance formidable de l'avoir rencontré. Je ne saurais expliquer pourquoi moi et pas une autre, mais c'est le destin on va dire.

H: Ce qui t'a vraiment révélé c'est ton tube "A Contre sens" avec Maître Gims. Comment ça s'est passé, le destin aussi?

S: Un peu (sourire). J'ai d'autres influences que Maître Gims mais il faut rendre à César ce qui appartient à César. C'est sur qu'il a marqué un tournant dans ma carrière. Si je n'avais pas eu ce titre je sais que pour mon nouveau morceau on ne m'aurait pas autant solicité. C'est un coup de pouce de lui et puis de la vie (sourire). C'est une récompense de mon travail aussi. Je crois au destin, j'y crois vachement... Pour moi c'est le destin.



H: En France les chanteurs et les rappeurs se réunissent bien, tu trouves que c'est un plus?

S: En fait maintenant depuis que les rappeurs se mettent à chanter ils ont plus de mal à aller chercher des chanteuses. Avec le vocodeur ils font leur refrain tout seul et je trouve qu'on a perdu ce truc là.  J'ai cette chance où ce n'est pas moi qui est partie chercher les autres. C'est plus les gens en m'ayant entendu qui m'ont proposé. Donc je suis beaucoup sur l'album des autres et je voudrais pouvoir rendre l'appareil. Un featuring c'est un peu une histoire sans fin.

H: Quels sont les featurings qui t'ont marqué?

S: Les gros featurings qui m'ont marqué? Là le premier qui me vient en tête c'est Zaho et Don Choa, Lune de miel. Kayna Samet et Booba, Destiné. Wallen & Rohff, Charisme.

H: Est-ce que t'as déjà une chanson coup de coeur dans ton album?

S: J'aime bien "C'est fini" (sourire). Parce que c'est un bon coup de gueule!

H: Tu est un peu féministe non?

S: Un petit peu ouais. Un petit peu beaucoup même. (rire) Je dirais pas féministe, mais girl power! On est des femmes et on a besoin que de nous même pour s'en sortir. Parce qu'à l'heure actuel les hommes c'est difficile d'en trouver un bien! (rire) Enfin pas un bien mais on est vachement indépendantes. Les hommes aussi sont indépendants donc les uns ont pas forcément besoin des autres pour être bien. Je pense que le problème il se pose là. C'est une chanson qui est arrivée à une période où j'étais en pleine remise en question donc elle est représentative d'une période, pas de ma façon de penser en général. J'espère un jour rencontrer la personne qui me correspond. Ca ne sera pas forcément le prince charmant (sourire) même si je suis une princesse! Mais ça y ressemblera j'espère.

H: Donc tu es à la recherche de l'amour! Pour ceux qui ont flashé sur toi... (rire)

S: Non! Ni à la recherche ni à l'attente. Si c'est pour avoir des mensonges et des problèmes. Je n'ai pas le temps. (rire)

H: En tout cas tu as du caractère, pas du genre à jouer les potiches. Comment tu as trouvé la manière de t'affirmer avec ces grands noms du rap?

S: Je ne sais pas, je pense que ça se ressent au premier abord. Quand on me voit... Et puis je ne m'amuserai pas à faire la potiche. Je saurais pas faire (rire). J'ai un physique atypique, on me remarque.

H: Ca maintenant il y a plein de chanteuses qui jouent de leur physique! Y en a même comme Nicki Minaj qui passe par la chirurgie. Et après elle parle de féminisme.

S: Moi tout est vrai (rire). Et puis dans ma vie à la base j'ai mon style. Dans mon quotidien je ne suis pas à la recherche de copier untel ou un tel. J'aime bien être à l'aise dans mes sapes. J'aime bien être moi-même. Après je vais pas mentir, si demain j'ai envie de me foutre en short je le ferai. Je dirai la même chose.  C'est vrai que ce n'est pas forcément l'image que j'ai envie de dégager. Je ne vends pas mes attributs (rire). C'est pas le genre de style qui m'intéresse ni le genre de carrière que j'ai envie d'avoir. Basée sur mon fessier, non. Pourtant je pourrais! (rire) Du jogging à la robe de soirée j'adore. Je ne me prends pas la tête. Je suis moi.

H: Est-ce qu'on pourra prochainement t'entendre en concert?

S: En ce moment je fais quelques shows dans plein de ville en France, je suis appelée sur des évènements avec plein d'autres artistes. D'ailleurs je trouve ça assez sympa puisqu'on se rencontre tous. C'est comme ça qu'en ce moment je fais un petit peu le tour de France.

H Pas encore de date solo, à Paris?

S:  En fait ce que je préfèrerai avant de faire mon concert c'est que le public connaisse bien mes chansons. (rire) En vrai c'est hyper égoïste, mais je veux pouvoir les voir chanter. C'est autant le moyen de les voir eux qu'ils puissent me voir moi. J'essaie d'installer le climat, l'environnement autour de mon univers et puis après j'ouvre les portes en grands, on y va et je ne m'arrête plus!

H: Donc tu es une show girl, pourtant les paroliers ont souvent la réputation d'être reclu dans leur bulle à écrire des pages et des pages....

S: Je suis comme ça aussi (rire)! J'ai ce côté introverti où j'ai besoin de me retrouver seule. Mais c'est quand je fais des overdoses de monde et d'amis et j'ai besoin de souffler. Je suis quelqu'un d'hyper vivant, j'aime partager mais là je suis partie en vacances, toute seule une semaine. J'en avais besoin.

H: Quel conseil tu donnerais à ceux qui veulent se lancer dans l'écriture de leur texte, chansons, poèmes?

S: Deux conseils, déjà ne pas avoir peur de ce qu'on ressent. Parce que l'écriture c'est beaucoup de ce qu'on ressent posé sur papier. N'ait pas peur de ce que tu ressens, poses le sur du papier. Si tu ressens que c'est de la merde et bien c'est de la merde (rire). Il faut prendre son sentiment et vraiment y aller à fond. Le deuxième conseil c'est de se faire confiance. Y a beaucoup d'artistes qui écrivent mais autour d'eux ça ne suit pas. On leur dit "Ouais bof". Mais il faut avoir confiance en soi et continuer.

H: Donc toi tu ne te censures pas, même dans le choix des mots? Tu bannis des gros mots ou d'autres mots comme ça?

S: J'ai pas l'habitude d'employer des gros mots, donc ça restreint leur utilisation (sourire). Mais dans mon dernier titre "C'est fini" je dis qu'ils nous prennent pour des connes. Quand il faut dire, je dis.

H: Tu pourrais parler de sexualité? Parce qu'on voit que c'est l'adage des mecs dans le rnb. Par exemple Monsieur Nov il y est allé. Ca on voit moins chez les femmes je vais m'occuper de toi comme si ou comme ça.

S: Y a une fille qui l'a fait il y a quelques temps, Lisa Monet. Une rappeuse, elle avait fait un titre un peu comme ça. Moi personnellement j'ai trouvé ça innovant. Enfin les américaines le font mais en France on n'est pas prête. Une fille qui... Enfin voilà je vais pas réciter ce qu'elle a dit. Parce que voilà y a de la honte! (rire)

H: C'est une pudeur française alors?

S: Oui c'est une pudeur française. Je pense. Parce qu'entre copines je peux très bien discuter de tout. Il n'y a pas de tabou. Par contre en faire une chanson... Déjà ma barrière c'est moi-même! Et je n'aimerais pas choquer ma maman par exemple. Enfin voilà, le respect. Déjà un mec des fois je ne cautionne pas. Quand y a des "chiennes machins, je te retourne etc. " (rire) Ca reste dans leur univers les mecs de fabuler. Nous les femmes on a un peu de pudeur et ça n'a jamais tué personne.

H: Donc ne pas chanter sur le sex c'est positif pour la femme?

S: Ca peut être fait mais avec talent. S'il n' y a pas de flow derrière, pas de mélodie, ça ne sert à rien. Ca n'a aucun intérêt, ça va juste faire vulgaire. Mais s'il y a une vraie mélodie, un vrai flow, un vrai truc... Ca peut devenir intéressant.

H: Ok, donc si un jour t'as l'inspiration, même pour une autre chanteuse, tu le ferais?

S: Pas faux! (rire) Voilà.

H: Un dernier mot?

S: J'espère que vous allez kiffer le clip et toute la suite.

Par : Hanazade

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