Moment "tranquille" avec Ridsa

14 décembre 2015 à 17h04 - 7401 vues

Soul Addict vous livre les secrets de Ridsa, une des nouvelles révélations de la scène urbaine française. L'artiste vient de sortir son tout premier album "Tranquille". Néanmoins, ne vous fiez pas aux apparences, il sait définitivement faire bouger les foules! Depuis cinq ans, c'est sur internet que Ridsa a su conquérir un public fidèle. Il connait aujourd'hui un succès mérité avec son tube "Là cest Die". Qui n'a pas dansé sur ce hit cette année? Au lendemain des attentats du 13 novembre, Ridsa avait dû annuler certaines dates, mais l'artiste ne manque pas de nous réserver plein de surprises ainsi que des collaborations réussies comme avec H Magnum dans "Selfie". Hanazade n'a pas manqué de lui poser quelques questions et c'est un moment 100% positif qu'on vous laisse découvrir aujourd''hui, une vraie bouffée d'air en cette fin d'année difficile.

Hanazade : Je te remercie pour ce 1er single super festif, ça nous change les idées. On est en plein divertissement, on s'amuse. Peux-tu nous expliquer ce choix, pourquoi ce titre ?

Ridsa : Je suis très proche des personnes qui me soutiennent, et c'est via les réseaux sociaux comme Snap Chat j'ai posté des sons dont « Là c'est Die ». J'ai eu beaucoup de retours sur Twitter ou Facebook, mes supporters me disaient « On le veut ! On le veut ! ». Donc j'ai décidé de leur faire ce cadeau en tant que premier son, j'ai vu qu'il était très attendu. Pour moi c'était l'occasion de montrer une autre facette. Il y a beaucoup moins de textes et beaucoup plus d'ambiance. Je voulais un son qui reste un peu en tête et qui met de bonne humeur.


H : C'est bien, tu as tout simplement été en adéquation avec les attentes du public. En ce moment les gens ont beaucoup envie de s'évader, et le clip y participe. Comment as-tu décidé de cet univers ?


R : A la base j'ai eu quelques clips où j'étais en casquette et lunettes et là j'ai vraiment voulu soigner mon image et montrer qui j'étais. Donc c'est assez simple, j'ai un costume assez classe, même si je ne suis pas tous les jours comme ça. Mais j'ai voulu simplement être moi-même, sans casquette ni lunette, juste bien coiffé et soigné.

 

H : C'est très intéressant. Donc c'est important pour toi le look ? Tu t'en occupes toi-même, tu ne te laisses pas diriger par une équipe ?


R : On a décidé ensemble, c'était une décision d'équipe. Mais on savait que c'était la meilleure chose à faire. Il y avait un clip qui était sorti en juin où j'étais totalement différent et je voulais vraiment montrer une autre facette. Je voulais surprendre, parce que le son bouge beaucoup et je voulais un clip classe avec.

 

H : On apprécie beaucoup en tout cas. Est-ce que t'as déjà en tête de nous présenter autre chose ou tu veux rester sur cette dynamique ?


R : Je vais présenter deux autres titres. Vous verrez qu'il n'y a pas que des sons comme « Là c'est die ». Il y a aussi des sons à textes. Tu sais dans mon album il y a un peu de tout. Je vais sortir « Pardon » et « Selfie » en featuring avec H Magnum. « Selfie » est sur un thème vraiment club / afro, on connaît tous ce que c'est (le fameux autoportrait pris avec l'option inversé de son smartphone). Quand je le fais sur scène je vois tout le monde avec son téléphone, qui prend un selfie et c'est ce que je recherchais. « Pardon » est un titre plus dans l'émotion, avec une vraie prestation vocale. Il est un peu plus pop variété.

 

H : D'accord. Donc c'est très varié tout ça. On ne pourra pas s'ennuyer. On attend aussi avec impatience le nouvel album de H Magnum « Gotham City ». Comment es-tu arrivé à avoir des contacts et fédérer autour de ton album? Parce que tu es jeune quand même, tu viens de débuter.


R : Ca arrive doucement en France donc il faut en profiter. Ca fait cinq ans que je suis là. Tu sais les premières années je ne cherchais pas. Je faisais ça uniquement par passion. Après au bout de trois ans j'ai signé un contrat avec Juston Records. Donc là ça a commencé à s'accélérer, à être vraiment pro et quadrillé. Et c'est via les connaissances dans les studios, avec eux, que j'ai rencontré d'autres chanteurs et que le feeling a pu passer. Moi je suis quelqu'un qui fait des featuring surtout au feeling, donc humainement faut que la personne soit là. Ce n'est pas on fait le son et je m'en vais. On échange un peu. Faut que ça soit « Humain ». Le nom ne m'intéresse pas. H Magnum est quelqu'un de super en dehors de la musique.


H : Oui exactement. Il a une bi culturalité entre l'Europe et l'Afrique qui est vraiment très intéressante (voir interview). As-t-on avis qu'est-ce qui a fait que toi tu as su te démarquer ?


R : Tu sais avant que je signe j'étais tout seul et j'ai réussi à avoir 30 à 40 millions de vues sur Youtube. Je travaillais solo et j'étais déjà très proche de mon public. J'ai fait du rap et je voyais qu'il n'y avait pas de rap d'amour. Donc j'ai commencé à faire ça y a 4-5 ans. C'est là que ça a pris et que le clip a eu des vues qui se sont multipliées par 1 ou 2 millions. J'ai continué sur ce créneau et forcément quand j'ai rencontré Juston Records on a sorti un son sur les plateformes de téléchargement. On a vu de suite qu'il y avait un public. Du coup on s'est dit qu'il y a des gens qui soutiennent et qu'on peut essayer de leur livrer quelque chose.
  

H : T'es vraiment dans ta génération alors, tu t'es vraiment servi d'internet comme premier instrument de communication. Tu n'as jamais pensé à des télé crochets ?


R : Je pense que tous les chemins sont possibles, quand on a du talent tout est possible. C'est sur et certain. Après il y a plusieurs chemins pour arriver au bout mais moi je n'y ai pas vraiment réfléchi. Tu sais j'ai fait ça par passion et un jour on m'a dit « Ca peut devenir ton travail. Nous on va miser sur toi. Est-ce que tu es prêt à jouer le jeu ? » et bien j'ai dit « Allons y. » Et je me suis mis à travailler à fond et quand on est quadrillé comme ça, ça va vite. Après je pense que quand on a fait plusieurs scènes, que ce soit dans des bars, dans des clubs, qu'on vienne d'un coup comme ça, il y a de la place pour tout le monde.


H : Oui il faut dire que ta relation avec le public ne se crée pas que sur internet, tu es aussi un homme de scène, toujours au rendez-vous.


R : Il faut. C'est très important car c'est grâce au public qu'on est là. Y a le travail de notre label, de notre maison de disque mais il y a surtout le travail de nos supporters. C'est eux qui lorsque je sors un son vont me soutenir et vont se mettre à en parler à droite et à gauche. Le bouche à oreille marche, donc c'est eux qui m'ont emmené jusque là. C'est grâce à eux que j'ai pu signer mon contrat parce que c'est eux qui m'ont soutenu quand j'ai sorti mon premier son dans les plateformes de téléchargements. Aujourd'hui ce n'est pas compliqué d'avoir des millions de vues mais beaucoup plus d'arriver à vendre ce que tu fais.


H : Quand tu nous parles on a vraiment l'impression que c'est allé en accéléré alors que le titre de ton album c'est « Tranquille ». Pourquoi ce titre ?


R : « Tranquille » parce qu'il y a tellement de variation sur l'album, de sons différents, afro, club, à texte, rap, acoustique... Que je me suis dit que je ne peux pas avoir un seul titre. Donc j'ai décidé de définir cet album par moi-même, et je suis quelqu'un de tranquille. Je ne me prends pas la tête, je vis au jour le jour. Je vis à fond aujourd'hui car on sait que demain tout peut s'arrêter. Je ne suis pas quelqu'un qui va tout calculer. Je suis très tranquille. Que ça aille vite ou pas je suis resté le même, je ne suis pas stressé. On veut que je prends le micro je prends le micro, on veut que je fasse une photo je prends une photo. Je suis là pour tout le monde.

 

H : Alors comment te sens-tu à Paris, la ville du stress, des transports bondés... Juste après qu'on est vécu les attentats du 13 novembre ? Certaines personnes peuvent avoir peur d'aller en concert et de retrouver les artistes.


R : Moi je suis tranquille mais évidemment ça me touche énormément. Voir les familles des victimes souffrir ça me touche. Après malheureusement ce que veulent les terroristes c'est qu'on arrête de vivre. Si on arrête de vivre ils ont gagné. Si on arrête d'aller en show aussi. Bien sûre c'est normal qu'on est peur au fond de nous, mais il ne faut pas s'arrêter. Il faut en profiter et je pense que la France va faire ce qu'il faut pour qu'on puisse reprendre très vite nos vies . Quoi qu'on fasse il faut le faire à fond car tout peut s'arrêter sans prévenir.


H : Tu as eu des dates d'annulé ?


R : Oui, par sécurité. Et moi-même juste après les évènements je n'aurais pas pu chanter 2 ou 3 jours après, j'étais vraiment touché. Mais c'est avec plaisir que je remettrais un petit peu les sourires avec des chansons comme « Là c'est die ». Sans oublier ce qui s'est passé on pourra se retrouver tous ensemble et passer un bon moment.


H : J'ai l'impression que tu t'inspires de musique très diverses, est-ce que tu pourrais nous donner un échantillon de ce que tu écoutes en ce moment ?


R : P Square, des artistes afro très très forts au niveau des mélodies, il y a un groupe nigériens qui s'appellent Bracket et puis j'écoute aussi Stromae, Soprano et Maître Gims. J'écoute vraiment de tout. Daddy Yankee, Don Omar... Je suis un peu plus basé sur le latino et l'afro.


H : C'est des musiques très festives où on danse et on bouge.


R : Oui c'est des musiques festives mais après ils sont aussi capable de mettre de l'émotion. Ils sont tellement fort au niveau des mélodies que lorsqu'on regarde les textes de plus près ça touche. C'est leur force, c'est pour ça que moi j'écoute beaucoup leur musique. Bonnes ou mauvaises, on prend les choses avec le sourire grâce à eux. Tu sais j'ai grandi en France mais j'ai énormément d'amis d'origine africaine ; et cette tranquillité qu'ils ont dans les difficultés ça enrichit énormément. Cette façon de toujours bien prendre les choses, de relativiser, ça peut vraiment nous servir à tous. Quoi qu'il se passe on doit garder le sourire, partager, c'est tellement important. C'est ça qui me touche chez la communauté afro.

 

H : Que cherchais-tu à délivrer dans cet album ?


R : Il y aura de tout, des textes, des mélodies, beaucoup de chansons à thème. Y a 26 chansons, donc si on est pas bien et qu'on veut se relaxer, il y a ce qu'il faut. Si on a envie de cogiter un peu, de se remémorer des souvenirs, il y a aussi ce qu'il faut. Il y a de tous les styles.


H : En fait tu nous a apporté tout ce qui te maintient toi. On pourrait croire que les artistes sont déconnecter mais toi tu restes dans les choses vrais.


R : Oui. Et forcément il y aura quelques histoires touchantes, des chansons qui parlent d'amour. Les gens vont forcément s'y retrouver. L'amour c'est universel, on le sait. Amitié ou amour les textes vont se ressembler. On s'y retrouvera qu'on est perdu une femme, ou un ami. J'ai 25 ans, après j'ai pas le vécu de tout le monde mais j'ai eu des problèmes et j'ai vécu des choses difficiles, comme tout le monde. Il y a du mal et du bien partout. Et la musique m'aide en fait.


H : Elle va nous aider aussi. Merci beaucoup Ridsa, on a hâte d'écouter.


R : Merci à toi. Ca m'a fait plaisir.

Par : Hanazade

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