Lili Poe "Je vois les chansons comme des scènes de film."

09 mars 2015 à 17h48 - 4515 vues

Après le fabuleux clip qu'elle a sorti avec Disiz "Sombre", le rendez-vous a été pris avec Lili Poe pour connaître le secret de son originalité! Pétillante, artiste soul avertie, elle a su créer un vrai jeu de ping pong musicale avec le rappeur. Nous on le sait, on va vite devenir accro à l'artiste, mélodiste et interprète aixoise. Surprise garantie!



Hanazade: Salut Lili Poe, ravie de te rencontrer pour un entretien spécial pour Soul-Addict! On a été heureux de découvrir ton dernier titre "Sombre" en featuring avec Disiz. J'adore la rythmique, assez dansante. Sur le coup c'est en contradiction total avec le titre. On aurait pu penser à un univers plutôt noir, dépressif, passif. Donc c'est toi qui l'a écrit, qui a eu l'idée de cette singularité?

Lili Poe: . Wladimir Pariente a écrit le texte. J'ai bien aimé! J'ai ensuite travaillé avec Medeline qui réalise les productions. Et donc tout de suite en terme de mélodie j'ai vu quelque chose de pétillant puisque ce texte m'inspirait comme une espèce de... (sourire) Sombre/Lumineux. Je trouve que parfois dans les choses très sombre, très triste, très "dark", il y a comme une espèce de douce complaisance. Ca devient presqu'une amie. C'est une part de nous qu'il faut accepter pour bien vivre je pense. Ca parle un peu d'amour aussi, on a tous eu des histoires d'amour qui ont été sombre et qu'on a gardé. Ca reste une saveur particulière.

H: Est-ce que le rap de Disiz a été une évidence?

LP: Ce titre existe sans Disiz aussi. Il travaille beaucoup avec Medeline et quand il a écouté le titre il a voulu poser des textes dessus. Je trouve ça vachement bien parce qu'il a amené sa luminosité et du coup ça accentue le contraste. Ce qu'il a fait je trouve a rendu encore plus intéressant le titre. C'est un beau cadeau qu'il m'a fait.


H: Avant ça on a pu te voir sur de nombreuses scènes underground, de Londres à Paris. Ca fait longtemps que tu chantes?

LP: Oui assez. Je chante depuis toujours, après j'ai eu plein d'étape. J'ai commencé à faire du lyrique à 10 ans.  J'avais cette envie depuis longtemps.

H: C'est spécial quand même! Le lyrique c'est super rigoureux. Et à dix ans tu as décidé de t'y mettre?  C'est presque courageux petite collégienne de se lancer dedans.

LP: Oui, c'est peut-être pour ça que j'ai décidé de faire de la soul après! (rire) En fait ma mère m'avait emmené voir la Flûte Enchantée et j'ai eu une espèce de révélation d'enfant. Et c'est là où j'ai demandé si je pouvais faire des cours et j'ai eu de la chance que mes parents me le permettent. C'est vrai qu'après cinq ans de lyrique j'ai eu envie de faire quelque chose de beaucoup plus improvisée, plus naturelle. Et j'ai donc fait du jazz, de la soul et énormément de jam pour ce côté très libre de "on s'écoute et on joue", on ne pense plus à ce qui est technique. C'est vraiment avec le coeur.

H: Et tu joues des instruments particuliers?

LP: Un peu de piano. Mais surtout pour composer. Sur scène je joue un peu de clavier mais je ne suis pas complètement aguerrie.

H: Tu es une vrai show girl, le déclic pour aller sur scène est arrivé comment?

LP: Ce qui m'anime c'est vraiment de raconter des histoires et sur scène t'as ce lien direct avec les gens et t'as un retour immédiat de ce que tu proposes. Il y a une interaction qui est immédiate. Une fois que j'ai goûté à ça je ne pouvais plus m'arrêter. Quand je suis arrivée à Paris tout de suite avec le Sankofa ça a été la plus belle école de la scène. C'est à partir de là que j'ai rencontré les gens qui m'entourent.

H: Oui, tu as même été finaliste! Félicitation. On peut dire que pour ta force c'est vraiment l'interprétation. Quand tu parles on entend vraiment une histoire.

LP: L'histoire c'est le lien, le curseur. Moi je vois les chansons comme des scènes de film donc j'ai un visuel de film. Quand je vais écrire, ou qu'on me donne un texte, c'est moi qui fait la mélodie donc y a vraiment ce côté visuel et je me projette de suite sur scène. J'ai ce côté très narratif. Chaque mot, chaque accent il faut que je l'imagine.

H: Donc tu ne pourrais pas chanter une chanson du genre "Bouge ton body" en saccadé?

LP: Pourquoi pas, si j'arrive à trouver une signification dès que je le dis (sourire). Non, pourquoi pas. Y a tout le corps qui parle aussi.

H: Tu t'es occupée de l'esthétique et des images de ton clip alors?

LP: Oui tout à fait. Pour moi les chansons c'est un tout. Donc avec Alain Guillerme qui a réalisé le clip pour la Sucrerie on a beaucoup échangé sur l'esthétique qu'on voulait donner à ce clip. On voulait qu'il y ait ce côté sombre qui ressorte mais avec de la luminosité. La Sucrerie a très bien travaillé l'image.

H: Avant ça on était loin de te voir dans le noir, tu portais beaucoup de couleurs! On ne pouvait pas te manquer. C'est un revirement? C'est toi qui choisit ton look, t'aime la mode?

LP: A mort! J'ai la morphologie que j'ai, je sais ce qui me va ou pas et j'essaie d'être complètement à l'aise dans ce que je porte pour être à l'aise dans ce que je chante. Dans le clip c'est Is Not Dead qui m'a prêté ce que je porte. C'est une marque très léchée, graphique, élégante. Ca a pu asseoir ce que je voulais donner comme image. Je sais ce que je veux mais j'adore qu'on me propose des idées.

H: Parlons un peu de la plus grosse collaboration que t'as pu avoir, celle avec ton public et la cagnotte Ulule. C'est ça qui a financé en partie ton EP c'est ça?

LP: Oui l'EP a été financé en partie par la cagnotte et en partie par Low Wood Production avec qui je travaille depuis un an à peu près. Du coup oui la cagnotte ça était incroyable, j'ai eu un crew incroyable, beaucoup de soutien, de partage, d'investissement de tous ces gens. Il y a eu quand même 250 personnes qui ont participé et qui m'ont fait confiance. Et du coup voilà je leur montre le 1er rendu de l'aventure auquel ils ont participé.

H: Mais ce n'est pas fini, ce n'est que le début! C'est l'impulsion qu'il fallait. On est content que ce soit bien passé. D'autres surprises?

LP: Il y aura a priori un deuxième single qui va sortir en mai et l'EP qui sortira sans doute en septembre. Et d'autres petits bonbons.

H: On trouvera d'autres featuring que Disiz?

LP: Peut-être, c'est la surprise. Je ne peux pas te dire pour l'instant.

H: Quels sont tes références musicales en général?

LP: Tout ce qui est le nouvel rnb moderne, Fka Twigs, Kelela, Jessie Ware, j'aime bien tous ces sons hyper moderne. J'aime beaucoup le hip hop aussi, Kendrick Lamar, Childish Gambino etc. J'aime bien tout ce qui est plus orchestral, Lana Del Rey, Woodkid. Donc c'est un peu un mélange de tout ça et en français le challenge ça était de faire sonner les mots. Christine And The Queens j'aime bien ce qu'elle fait aussi. Elle a ouvert à un style de musique en France plus urbain et anglo saxon. C'est génial.

H: Et en ce moment t'as une chanson fétiche?

LP: J'en ai deux! Lion Babe, Jump High. Et Ibeyi, River.

H: Merci Lili Poe !

Par : Hanazade

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