Ewood, sa musique entre Paris et Londres


04 mai 2015 - 5576 vues

Le 21 avril dernier Soul Addict n'a pas manqué le concert d'Ewood, auteur, compositeur et interprète de talent. Le rendez-vous a été pris au Réservoir à Paris pour un concert exceptionnel, The Truth or Dare expérience. Avant son passage sur scène on a pu parler de sa musique, ses inspirations, ou même de son déménagement Outre-Manche, parce que oui les anglais nous l'ont piqué! Ne vous inquiétez pas, il pense toujours à son public français. Ce n'est que partie remise!

Hanazade: Salut Ewood, donc je te retrouve juste avant ton concert au Réservoir. C'est un lieu que tu connais bien, ce n'est pas ton premier concert dans cette salle.

Ewood: Oui effectivement c'est mon deuxième concert ici. Lors de ma tournée cet hiver je me suis produit sur cette scène. C'était le 3 décembre 2014. Ca c'était très bien passé, le public avait apprécié. Il y avait pas mal de monde donc je suis heureux de pouvoir revenir ce soir.

H: Donc c'est un de tes lieux de rendez-vous fétiche?

E: Oui il est vraiment particulier. Maintenant je peux le dire mais quand j'avais fait cette date là j'étais un peu malade. J'avais un peu la grippe. Et le fait d'avoir tout le public qui vient me voir, des personnes de la #teamwoodie (surnom des fans de ma musique), des gens de partout, du Nord Pas de Calais, de Montpellier, ça m'a vraiment touché. Après tu oublies le fait d'être malade et tu donnes le maximum.

H: Tu viens de la région parisienne?

E: Oui j'ai grandi en région parisienne mais depuis un an je me suis installé à Londres. Dans mon documentaire "London Through the eyes of Ewood", je parle un peu de cette expérience. Je cite des personnes que j'ai rencontré, l'équipe que j'ai réussi à former là-bas. On y retrouve tout ce que j'y ai pu faire et ma vie en Angleterre.



H: D'accord. Donc on peut voir The Truth or Dare expérience même là-bas. Que représente la scène pour toi?

E: C'est la récompense pour moi. C'est le graal si je peux dire (sourire). Après tout le travail que je peux faire en backstage, que ce soit avec le coach vocal, la danse, les répétitions avec les musiciens, ça me rappelle que ce travaille là est fait parce qu'il y a un public derrière. Ceux qui sont là sont très importants pour moi et c'est un moment que j'attends avec impatience. Donc je suis excité, content, stressé... Mais du bon stress (sourire)!

H: On doit dire que tu es un vrai performeur, tu envoies beaucoup sur scène. Quelle formation doit-on suivre pour arriver à ça? On sait que tu as fait parti de la chorale des 100 voix. Tu as une formation gospel.

E: Oui j'ai participé à la chorale gospel des 100 voix. On a fait The Voice, on a accompagné Yoann Fréget qui a gagné la finale. J'ai vraiment aimé le travail avec eux parce que ça m'a permis de perfectionner ma technique, de rencontrer d'autres artistes, et ça m'a apporté beaucoup. Pour répondre à ta question il n'y a pas vraiment de recette miracle. Chacun a un parcours différent. Maintenant ce que je pourrais conseillé c'est de toujours travailler. Le conservatoire c'est bien parce que ça te donne une rigueur qui me semble importante. Il faut essayer aussi de rester connecté à l'extérieur, pourquoi pas avec une chorale gospel (sourire). Le chant, la danse, le théâtre se complètent. Le théâtre c'est bien pour la voix, pour les chanteurs ça permet de placer sa voix correctement. Donc il faut essayer de prendre le plus de cours possibles et petit à petit de s'entourer de gens qui te permettent d'avancer.

H: Donc toi tu les as pris tous ces cours?

E: Oui à 8 ans j'étais au Conservatoire. J'ai eu la chance que quelqu'un voit en moi un talent. Il s'appelle Thierry. Il m'a dit, "Voilà je vais te prendre sous mon aile". On a travaillé chaque année un spectacle, on améliorait mon son. J'ai pu travailler ce que moi je voulais partager, mon image. J'ai pu choisir ce que je donnais au public, mon style. Ca a été très formateur. Ca a été un peu ma Star Ac à moi, comme un laboratoire. Chaque année j'avais un spectacle, un concert. Ca a commencé à mes 16 ans jusqu'à mes 21 ans. Je me suis dit que je voulais mélanger le chant, la danse et on a commencé à monter des spectacles comme ça. Ca m'a permis d'être là où je suis aujourd'hui, au Réservoir.

H: C'est impressionnant toutes ces démarches. On est dans une nouvelle génération où souvent les jeunes essaient de passer à la Tv directement. Ils se forment ensuite sur le coup. Toi non tu as fait un travail personnel, en amont, bien avant de nous rencontrer.

E: C'est important pour moi et c'est aussi parce que ça vient de mon éducation. Moi j'ai des parents investis. Ils m'ont très bien élevé. Ils sont strictes mais justes. Mon père je m'en rappellerais toujours, il m'a dit "Tu veux faire de la musique d'accord mais si tu veux faire de la musique tu fais ça de façon carré et professionnel. Donc tu vas aller au Conservatoire, tu vas savoir lire une partition, chanter en mesure, occuper l'espace." Ca peut sembler anodin comme ça mais c'est important.

H: En tout cas ça nous montre que tu es perfectionniste!

E: J'avoue (rire). Ca peut être une qualité comme un défaut. Mais j'aime bien quand les choses sont carrés, que ça a un sens et que ça va quelque part. En tout cas pour l'instant ça m'a plutôt bien servi. Ca m'a donné la possibilité de chanter au Réservoir l'année dernière et encore ce soir.

H: Donc après tout ce travaille on pourra entendre ton dernier EP "Truth or Dare".

E: Oui au départ on était parti sur un EP, mais j'ai reçu tellement de demandes et de propositions de morceaux qui m'ont plu que ça a dépassé l'EP! On n'est plus à 6 ou 8 titres (sourire). Même si je suis auteur/compositeur, quand je peux recevoir un titre qui me parle et me touche je le garde. Par exemple ce soir il y a un titre qui s'appelle "Promises". Ca parle d'une relation douloureuse avec mon ex compagne, on est plus ensemble mais j'adore ce morceau. Il y a aussi un titre qui s'appelle "It's alright" qui parle des addictions diverses et variées, nourriture, sport, sex... Le shopping même ou le jeu en ligne. C'est vraiment vaste. Je pense que c'est un morceau qui peut parler à beaucoup de monde. Ca fait parti des chansons phares que j'aime bien. Et il y a "Sunshine" que j'aime beaucoup aussi.

H: Donc toi qui chante dans les deux langues, anglais et français, l'anglais reste le plus facile?

E: En fait l'histoire si tu veux c'est qu'il y a une partie de ma famille qui est anglaise. Très tôt j'ai eu des facilités en anglais. C'est même ça qui m'a permis d'avoir mon bac L (sourire)! Pour moi ça était une évidence, pas de suite, mais à partir du moment ou je me suis sentie à l'aise j'ai foncé.  En anglais ça groove plus, c'est indéniable. "I believe I can fly" c'est mieux que "Je pense pouvoir voler" (sourire). Le titre "Truth or dare", en français ça donne "Action ou vérité". Je vais inviter l'auditeur à chercher à savoir si c'est une vérité que je raconte, que ça lui ait arrivé, ou un peu plus une fiction, qui concerne d'autres personnes. Mais après j'aime tout autant chanter en français! Même si j'ai un côté anglais je reste français à la base. Dans la setlist il y a des morceaux français, j'aime les deux. Je ne me pose pas en me disant je vais écrire anglais. Ca vient naturellement. "Sunshine" c'est venu comme ça. (Il se met à chanter "You are the sunshine..."). Et j'ai commencé à écrire, j'ai ensuite envoyé à un de mes compositeurs. C'est jamais prémédité de ma part. Quand ça sort tout seul c'est là où je pense que j'écris mes plus beaux morceaux.

H: Comme ça pas de jaloux! T'es adepte du franglais? Y en a qui mélange les deux langues dans leurs chansons.

E: Non merci (sourire). Pas pour moi. Soit c'est tout en anglais, soit c'est tout en français. Après il faut jamais dire jamais. Il se peut que dans un projet bien ficelé je me laisse prendre, en collaboration avec un autre artiste. Ca c'est différent. Shola Ama avait fait un duo avec Moïz des Tribal Jam ça donnait "J'entend ton égo..." C'était super bien fait. Craig David avait fait un duo avec Lynnsha aussi, je pense que c'est pour "Walking away". Elle a sa partie en français. Mais des fois tu peux avoir des artistes qui te demande de chanter aussi en anglais si ça passe moins bien. Pour moi en France le seul qui a réussi à faire groover tous ses morceaux c'est Michel Berger (sourire).

H: Tu as évoqué plusieurs références musicales, quels sont tes artistes préférés?

E: Pour moi Michael Jackson et Janet c'est indémodable. Ces deux là tu peux les écouter à l'infini. Comme "That's the way love goes" sorti en 1993, en l'écoute aujourd'hui en 2015 il n'est pas démodé. Ce genre de morceau c'est des classiques. Et moi mon but, sans prétention aucune, c'est de faire des morceaux comme ça. C'est que dans dix/quinze ans on puisse encore les écouter avec plaisir. Si "Sunshine" ou "It's Alright" on les écoute encore en 2025 ou 2030 je serais super fier. Après les artistes actuels il y en a que j'écoute beaucoup aussi comme Stromae, Rihanna. J'aime la signature vocale de Rihanna. Tu peux dire tout ce que tu veux mais on ne peut pas lui enlever ça. Dès les premières secondes tu sais que c'est elle. Si on chante "Umbrella" ça donnera jamais comme elle (sourire). Même si la technique n'est pas la meilleure ses défauts deviennent des qualités. Moi j'aime. J'aime passer par l'émotion. Même Michael Jackson disait "La technique c'est bien mais il faut mettre de l'émotion." Quand un artiste me donne toute sa "soul" je préfère ça à un artiste qui va chanter à la note près.

H: On a hâte d'écouter toutes tes émotions dans ton prochain album alors, une date?

E: Pour l'instant je n'en ai pas. On évolue dans un milieu où rien est figé. J'y travaille. Cet été on fera pas mal de chose en studio, en Angleterre. Au moment où on parle je reçois des propositions de morceaux. Donc après il faut voir la cohérence des titres entre eux, je suis en train de voir ça avec mon équipe. Je ne peux pas donner de date de sortie pour le moment. J'ai eu l'opportunité de passer à la Tv dernièrement en Angleterre pour l'émission The Chrissy B Show. J'ai eu la possibilité de chanter en live "Sunshine" que je chante aussi ce soir. Et c'est déjà un premier extrait que les gens peuvent écouter. Mais dès que la date sera prévue je le mentionnerai sur les réseaux sociaux. Je suis très actif. Instagram, Facebook, je suis vraiment là.

H: Et qu'est-ce que t'attend spécialement de cette année 2015?

E: Encore plus de concert (sourire). Je le vois, petit à petit le public grandit. La scène c'est vraiment là où je me sens le mieux. Le studio pour être honnête il a fallu du temps. Le public en face de toi ça change tout. Tu leur donne tout. Ce soir je serais à poil (rire). Pas strictement mais je vais me livrer. Ce spectacle là "The truth or dare experience", c'est un show particulier car c'est auto biographique, que ce soit en français ou en anglais. Voilà, quand je me donne c'est à 100% pas à moitié. Mon objectif c'est que sur scène le chant et la danse soit au même niveau. Le show à l'américaine ça fait parti de moi. Niveau scène pour moi Usher reste une référence. Il maîtrise le chant et la danse à la perfection. Donc attendez vous à plein de chose au prochain concert. Je touche du bois pour garder la santé, sans ça on est rien. Tu peux être le plus riche, si la santé n'est pas là tu ne peux pas mener à bien tes projets.

Par : Hanazade

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article