Amine, un retour au delà du Raï'n'B

24 November 2015 à 08h05 - 6878 vues

Vous étiez nombreux à attendre son retour, Amine est revenu avec le nouveau hit Señorita! Le précurseur du Raï'n'B nous offre un retour gagnant avec une musique positive et chaleureuse, du soleil oriental à la pop occidental vous serez définitivement conquis. C'est avec impatience qu'on attend son troisième album Casablanca. On ne peut déjà plus se passer de son nouveau titre "Tu verras" avec des paroles qui réchauffent le cœur. Hanazade est partie à la rencontre de  l'artiste et a voulu découvrir tous ses secrets de création. Ouvert et très disponible, Amine lui confie ses expériences, ses influences et les liens qu'il a su tisser au fil du temps.

Hanazade: On te connait depuis plus de dix ans. Tu as des tubes comme "Sobri" ou "J'voulais" Pourquoi avoir choisi Señorita?

Amine: C'est une réflexion toute simple en fait. On était au mois de mai, et Señorita est venue tout naturellement dans nos têtes. Je l'ai choisi parce que l'été approchait. Pour moi, et pour tout l'équipe, c'était le titre le plus approprié. La période était ensoleillée et c'était le titre le plus cool.

H: Donc tu as d'abord pensé à l'humeur du public?

A: Oui lorsque je fais une musique je pense de suite au public parce que c'est avec lui que je partage tout ça. Quand je suis sur scène, ou même lorsque les chansons passent en radio, il est au premier plan.

H: Tous les titres de Casablanca ont la même dynamique?

A: Pour répondre à ta question Señorita n'est pas représentatif de l'album. Ce titre n'annonce pas la couleur. Je reste fidèle à moi même quand à ma conception d'un album. C'est très varié tout en gardant une certaine cohérence et en restant moi-même.



H: Tes fans du départ vont s'y retrouver alors?

A: Totalement. Ce n'est pas quelque chose qui va étonné dans le mauvais sens du terme. Je reste Amine mais avec quelque chose d'un peu plus abouti, que ce soit musicalement mais surtout textuellement. Parce que cet album je l'ai écrit totalement. Je n'ai pas fait appel à des auteurs parce que j'avais pas mal de chose à dire.

H: Oui, il s'est quand même écoulé six ans depuis le dernier album. Quels sont les chansons que tu as écouté le plus, qu'est ce qui t'a influencé ?

A: J'écoute de tout réellement. J'ai besoin de ressentir et de comprendre ce qui tourne dans le monde de la musique. Je cherche à savoir ce que les gens aiment, ou même n'aiment pas. De jour en jour je vois un peu comment la musique fonctionne. Je distingue ce qui évolue et les influences qui créent le mouvement, celles qui n'en créent pas. Ca ne m'aide pas forcément à construire un album, mais ça m'aide à mieux comprendre les gens et leurs oreilles. Donc j'écoute vraiment de tout. Ca peut vraiment aller dans tous les sens.

H: Donc tu n'es pas plongé dans l'oriental, comme on pourrait le croire?

A: Non absolument pas. C'est même le genre musical que j'écoute le moins. Tout simplement parce que je connais. Je baigne dedans depuis que je suis tout petit avec mes parents, et c'est un style que j'ai digéré depuis longtemps. Donc c'est naturel, j'ai déjà l'oreille. Maintenant si tu veux la difficulté c'est de faire évoluer ma musique. Donc ce que j'écoute ne va pas forcément me servir. C'est surtout ce que je vais ressentir à ce moment là. Et aussi l'équipe avec laquelle je travaille joue, elle me connait vraiment. Elle connait tout mon vécu et mes influences.

H: C'est une équipe de longue date?

A: Oui, très longue date. Le nouveau venu c'est mon frangin (il le désigne près de lui). ll a composé presque tout l'album. Donc c'est une expérience nouvelle finalement, de bosser avec mon frangin (sourire). Et je me suis rendu compte que le meilleur rendue, même si j'ai déjà bossé avec des gens extérieur très talentueux, c'est avec tes proches, des gens qui te connaissent vraiment. Je pense que le feeling je l'ai trouvé à ce moment là et je ne l'ai plus lâché.

H: Ton frère est d'une notre génération que la tienne non? Il a pu t'étonner.

A: Oui c'est ce qui s'est passé. Voilà c'est cet échange là. Il écoute des choses que je n'écoute pas. C'est cette énergie là qui donne quelque chose de nouveau en fait. Voilà, je pense qu'on a travaillé de cette manière et ça a marché.

H: Pourquoi Casablanca?

A: De manière très simple c'est parce que pour moi c'est un point de départ. Tout d'abord je suis né à Casablanca, c'est le début de mon existence. C'est de là que tout commence finalement. Donc c'est pour dire voilà mon point de départ et voilà où j'en suis maintenant.

H: C'est un peu une rétrospective alors?

A: On va dire que c'est plus un espèce de petit bilan. Parce que les gens m'ont connu auparavant avec mes titres, mon album "Au delà des rêves". Et je pense qu'il manquait une petite partie. Ici c'est une partie beaucoup plus personnel.

H: Donc ça veut dire que tu aurais pu choisir un titre plus personnel.

A: Mais Señorita est un titre personnel (sourire). Ca désigne une personne. Elle se reconnaitra. C'est une personne dont je ne connais pas le nom, que j'ai tout simplement rencontré. J'ai eu un feeling qui m'a amené à penser que ça peut être la personne avec qui je peux faire un long chemin. Sauf que par un concours de circonstances on s'est déconnecté. C'est un peu ... "Attend j'arrive" mais on ne sait pas retrouvé. Et donc j'ai gardé une image idéale de ce que je peux voir à travers une femme.



H: Wahou, elle sera vraiment contente, c'est une très jolie chanson. On t'a vu en photo avec Mokobe et Vitaa, seront-ils dans ton album?

A: Le premier featuring c'est avec Canardo. C'est quelqu'un qui m'a beaucoup apporté artistiquement dans sa façon de voir les choses. Il est rappeur mais aussi compositeur. On a bossé un peu ensemble dans cet album. Et même s'il n'a pas été présent du début à la fin sa présence m'a beaucoup apporté. Il m'a permis d'avancer beaucoup plus vite. C'est la personne qui m'a incité à écrire. Il m'a fait prendre conscience que je pouvais le faire parce qu'avant je laissais vraiment la main aux auteurs. Pour moi c'était eux qui avaient la plume. Mais il m'a fait comprendre que l'écriture c'était une question de ressenti et pas forcément de vocabulaire. Il sera présent sur l'album, et le deuxième c'est une surprise.

H: On a hâte alors. Et qu'est ce que tu penses en général des featurings?

A: Pour moi ça a toujours été un concours de circonstance, avec différentes influences. Parce que quand tu le fais bien, c'est bien mais quand c'est mal fait malheureusement ça reste. Il faut trouver la bonne connection avec l'artiste qui va adhérer au projet. Il faut vraiment que le featuring soit une plus value et non quelque chose de technique ou marketing pour augmenter les ventes de l'album. Moi je le fais surtout quand j'ai le feeling, et que je connais l'artiste. Quand on se connait bien on peut se dire les choses. On peut se dire quand ça ne va pas, et quand on connait les gens on est plus disponible. Les featurings trop arrangé je ne sais pas si c'est bien.

H: Ta carrière est déjà bien fourni, t'occupes-tu d'autres artistes?

H: Mon deuxième job si tu veux c'est de créer des top line pour d'autres artistes. C'est à dire que je crée la ligne mélodique. C'est ce qui va donner vraiment vit au texte et j'adore ça.  Mais produire, manager, ce n'est pas encore mon truc (sourire). Je laisse ça a d'autres

H: Quel est ton expérience préféré en tant qu'artiste?

A: La vérité est sur scène, c'est là où tu sais généralement. Si ça se passe bien sur scène le reste suivra. Avec l'expérience que j'ai, je sais que c'est le public qui donne le ton, même si le titre ne passe pas en radio. Là ça fait six ans que je travaille sur cet album.

H:Tant que ça? Ta carrière a pourtant démarré au quart de tour. Qu'est-ce qui fait que ça a ralenti?

A: Beaucoup de raisons personnelles, tout d'abord la naissance de mon fils. Ensuite j'ai vécu au Maroc, en famille, pendant trois ans. Puis je me suis séparé mais je suis quand même resté près de mon fils, jusqu'à qu'il fasse ses premiers pas et aillent à l'école. Et me voilà.

H: Ok. Et il y aura une chanson sur ton fils j'imagine. On a hâte de l'entendre!

A: Oui bien sûre. D'ailleurs c'est la chanson que j'interprète avec Canardo.

H: Donc on peut dire que ta chanson préférée c'est celle avec ton fils?

A: Non je les aime toutes! D'ailleurs j'évite de rentrer dans ces trucs là parce que si j'ai une préférence ça veut dire que je me suis pas assez donné. Forcément les autres ne sont pas assez bien. C'est ma manière de penser en fait.  Mais en globalité je suis fière de cet album je suis très content de l'avoir fait. Tout ce qui a là dedans est bien. Parce qu'on en a fait pas mal tu sais, pour s'arrêter à douze titres que je suis content de présenter.

H: Et de façon plus global, en revoyant ta carrière... As-tu des regrets?

A: Je n'ai pas forcément de regrets parce que j'essaie de faire de mon mieux au moment où je l'ai fait. Après des gens peuvent faire des suggestions mais tu ne fais pas forcément d'erreur, tu avances et dans la vie tout est alternatif. C'est ça le kiffe de notre métier, toujours avoir envie de faire mieux, un peu plus grand. Non je n'ai pas de regrets, aucun.

H: En attendant où peut-on te trouver?

A: Je fais pas mal de radio, de show case, mais j'espère vous revoir prochainement sur ma tournée, après la sortie de mon album. Je suis aussi beaucoup sur les réseaux sociaux, je gère tout moi-même et j'essaie de répondre à toutes les questions.

H: Merci beaucoup Amine, c'était un plaisir.

A: Merci à toi.

Par : Hanazade

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