Rencontre avec Phoebe "On vit dans une ère où avec internet et les réseaux sociaux, on peut assurer sa propre promotion."

22 octobre 2017 - 671 vues

Soul-Addict est parti à la rencontre de Phoebe, une jeune parisienne de 25 ans qui a récemment publié « J’étais love », un morceau extrait de son prochain EP à venir. La jeune femme nous parle de son projet de se lancer dans la musique depuis longtemps. Son projet a commencé à se concrétiser petit à petit depuis trois ans jusqu’à la publication, le 2 juin 2017 de son premier clip sur Youtube. Soul-Addict a beaucoup apprécié cet instant partagé avec Phoebe dont on a aimé la douceur et la sincérité tant au cours de l’entretien que dans sa musique. Vous pouvez d’ailleurs écouter et réécouter sa musique sur les réseaux.

Soul Addict : Depuis combien de temps nourris-tu le projet de faire carrière dans la musique ?

Phoebe : Je chante depuis toute petite. Mon père qui adorait m’entendre chanter m’a toujours poussé à faire de la musique. Je m’y suis vraiment mise à l’adolescence, vers 14-15 ans plus précisément, période où j’ai commencé à écrire mes propres paroles sur fond d’instrumentaux que je piochais sur Internet ou des personnes que je connaissais dans le monde de la musique me fournissaient.

SA : Peux-tu énoncer brièvement tes influences musicales ?

P : J’écoute un panel varié d’artistes. Il peut s’agir d’artistes américains incontournables comme Beyoncé, Rihanna, Keyshia Cole, Chrisette Michelle. Pour ce qui est des artistes francophones, j’écoute Stromae, Damso et Kalash, artiste caribéen dont j’aime beaucoup la patte. Même si j’écoute énormément d’artistes, je ne peux pas vraiment dire que j’ai des influences musicales. On essaie avec mon équipe de ramener quelque chose de frais, créer quelque chose de neuf qui me ressemble.

SA : Peut-on toutefois catégoriser la musique que tu fais ?

P : Catégoriser ? Je ne sais pas dans la mesure où je n’ai sorti pour l’instant qu’un seul titre qui est « J’étais love ». Au vu du titre, on pourrait penser que les gens essaieront tout de suite de me cataloguer chanteuse loveuse qui parle de rupture, d’amour et de blessure même si ce n’est vraiment pas l’objectif que j’ai. Dans mon prochain EP, il y a peut-être deux chansons qui parlent d’amour mais les autres titres abordent d’autres thèmes bien différents. Je laisse la liberté aux auditeurs de se faire leur propre idée du genre de musique que je fais après avoir écouté l’EP qui sera disponible bientôt.  

SA : Parlons d’ailleurs de « J’étais love », qui est sorti le 2 juin 2017. C’est une chanson qui connaît un succès exponentiel puisqu’elle était à à peu près de 18 000 vues dans le courant de l’été et est désormais à plus de 25 000 vues.  C’est une chanson qui parle justement de rupture. On aimerait savoir si c’est une rupture réelle qui a inspiré la chanson et en savoir un peut plus le processus de création de la version acoustique que tu as publiée.

P : Oui, on a décidé comme ça se fait de plus en plus aujourd’hui de publier la chanson directement sur Youtube et la chanson a été assez bien reçue. En tout cas elle a largement dépassé l’objectif de « vues » qu’on s’était lancé originellement et oui effectivement, c’est une histoire vraie. Je ne rentrerai pas trop dans les détails car la chanson parle d’elle même mais oui, l’histoire est inspirée de faits très réels (Rires). Quant à la version acoustique où je chante accompagnée de Jazzy Joe à la guitare, l’idée c’était de faire quelque chose de plus doux et naturel par opposition à la version originale plus rythmée. Ça n’a pas été très compliqué puisqu’on a enregistré, tourné et trouver les mélodies en une soirée !

SA : Chez Soul-addict, on est très attaché aux messages dans les chansons et dans le deuxième couplet de « J’étais love », tu chantes en créole. Pourrais-tu nous résumer le message que tu fais passer dans ce couplet ?

P : J’explique grosso modo que ça ne sert à rien d’être dans une relation juste pour avoir la satisfaction d’être dans une relation, ça ne sert à rien de forcer les choses. C’est ce que je veux dire quand je chante « Lové pou lové c'est pas ça men bizwen » et quand j’ajoute « Inminw pou inminw pou sentiw tou prè mwen », ce que je veux dire c’est que quand j’aime, c’est justement pour avoir la personne près de moi, pour ressentir l’émotion parce qu’aujourd’hui pas mal de personnes restent en couple juste par habitude alors qu’ils ne sont plus « love » (Rires). Je trouve que ça ne vaut pas le coup.

SA : Tu es d’origine martiniquaise, c’est bien cela ? Penses-tu que c’est important pour un artiste de représenter sa culture à travers sa musique ?

P : Oui. Je suis née en France mais mes racines sont en Martinique car j’y ai passé une bonne partie de ma vie. Je trouve que c’est super important de mettre sa culture, ses origines en avant pour ne pas les oublier. Je n’y ai pas pensé auparavant et c’est un regret que j’ai car « J’étais love » est le seul morceau finalement où je chante un peu en créole.

SA : Sur les réseaux sociaux, tu te présentes comme Phoebe SnootyPhreek. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce que c’est que « SnootyPhreek » ?

P : Alors Snootyphreek c’est ma team, c’est ma famille, ce sont de véritables amis. Je trouve que c’est super important d’avoir une équipe soudée lorsqu’on veut se lancer dans la musique et notre projet c’est vraiment de monter notre propre label indépendant, pour ne pas avoir à compter sur d’éventuels maisons de disque. D’ailleurs on le voit, de nos jours les artistes ont de moins en moins besoin d’être signés par une maison de disques pour réussir. On vit dans une ère où avec internet et les réseaux sociaux, on peut désormais assurer sa propre promotion.

SA : Enfin, pour terminer l’interview sur une note plus globale, selon toi l’artiste a-t-il un rôle et si oui lequel ?

P : Oui pour moi, l’artiste a forcément un rôle dans le sens où il est écouté. Il a pour rôle de véhiculer une émotion, faire passer des messages aussi en essayant de rester le plus authentique possible, du moins c’est ce que j’essaie de faire.

Propos recueillis par Jailyn

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