Le décryptage de Jailyn, "Teenage Fantasy" de Jorja Smith

20 juin 2017 - 812 vues

Jorja Smith, c'est cette chanteuse de "soul-jazz'n'B" né à Walsall en Grande-Bretagne, au crâne récemment rasé, teint en blond dont la notoriété naissante au Royaume-Uni a explosé depuis que Drake a déclaré, au cours de l'été 2016, que sa chanson préférée du moment était : "Where did I go" de Jorja Smith, un morceau que vous trouverez notamment dans la BO de la série "Insecure" d'Issa Rae.

Très influencée par des chanteuses comme Lauryn Hill ou Amy Whinehouse, la vocaliste fait partie de la fraiche mouvance soul britannique qui a pour ambition de replacer les voix au cœur de la musique.

La musique de Jorja se caractérise d’abord par sa voix jazzy, à la fois douce et écorchée, couplée à des paroles poétiques et un message toujours profond qui révèle une grande maturité malgré ses vingt ans.

Ses mélodies, comme ses clips, dégagent les sonorités et l'ambiance rétros d'une Amy Whinehouse ou d'une Joss Stone qu'on retrouve tout particulièrement dans le titre "Teenage fantasy".

 

Le clip est tourné en noir et blanc dans ce qui semble être un Paris old-school. On y voit l'auteure de l'EP "Project 11" sortie en novembre 2016, coiffée d'une perruque à longue frange noire, très sixties, flâner avec une amie dans un appartement au plafond au décor baroque. On la voit vagabonder dans les rues de Paris, errer dans les couloirs du métropolitain...

Jorja nous chante parallèlement une ballade soul dans laquelle elle aborde, non sans mélancolie, l'inconstance des amours adolescents. Elle appelle cela : le "teenage fantasy".

Dans cette chanson, elle insiste sur l'importance de prendre son temps en amour afin d'éviter de tomber amoureuse du mauvais garçon. Comme dans "beautiful little fools", l'artiste chante d'abord pour les femmes mais on comprend que le message n'est ni féministe ni unisexe. Il s'adresse à qui veut l'entendre.

Dans le premier couplet, elle parle à un ex-amoureux. Elle se demande si elle a fait une erreur de jugement à son propos où si le problème venait du fait qu'elle était trop jeune, aveugle, complètement perdue.

Elle parle de ces crushs d'adolescentes que les jeunes filles ont pratiquement toutes connus : on s'entiche trop vite, on croit qu'on est amoureuse, on ressasse les chances de succès de nos idylles jusqu'à ennuyer nos amies, on s'offusque quand il ne répond pas aux messages.

On est pourtant prévenu par nos mères, nos frères qui ne comprennent pas la frivolité de ces amours à sens unique et nous demandent d'arrêter de tomber amoureuse de garçons qui ne désirent pas la même chose que nous.

Jorja entonne dans son refrain la contradiction du fantasme adolescent : on désire une personne avec une telle vigueur puis une fois qu'on est enfin avec cette personne, on agit comme si on n'en voulait plus: "We all want a teenage fantasy, want it when we can't have it, when we got it we don't seem to want it."

Dans le deuxième couplet, Jorja parle de toutes ces choses qu'elle doit faire, sur lesquelles elle n'arrive pas à se concentrer tant son esprit est habité par ce garçon.

Puis viennent une série d'interrogations : Et si elle avait été stupide ? Et si elle n'était pas réellement amoureuse mais pensait seulement l'être ?

La résolution qu'elle prend c'est finalement de chercher à savoir qui elle est car elle ne se connait pas. Elle sous entend que le désespoir amoureux naît du fait qu'on ne se connait pas vraiment et ce serait la raison pour laquelle notre vie tournerait autour de l'être aimé. De ce fait, la moindre contrariété est vécue comme une atteinte dramatique à l'égo.

Pourtant, on est prévenu par nos parents qui nous poussent à nous poser les bonnes questions, dit-elle : "Est-ce qu'en se projetant dans le futur, on se voit avec ce garçon qu'on croit aimer ?".

Malheureusement souvent, l'insouciance de l'adolescence prend le dessus et on n'écoute pas parce que :

« Quand on est jeune

On désire tous quelqu'un

On croit que c'est le bon »

On se jette à corps perdus dans une relation pour faire comme les autres.

Mais il n'y a aucune raison de se précipiter, nous dit Jorja. Il faut prendre son temps car la vie est un voyage qu'il faut apprendre à apprécier.

Par : Jailyn

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