Le décryptage de Jailyn, "Bag Lady" d'Erykah Badu

02 avril 2017 - 666 vues

En bon "Soul-addict", nous connaissons tous les paroles de "Bag Lady", mais avons-nous compris le message ? Erykah Badu, grande prêtresse de la soul, nous fera l’honneur de sa présence au Palais des Congrès le 8 juillet prochain. Connue pour son « Girl’s reinforcement » que l’on retrouve dans nombre de ses chansons, elle soutiendra à coup sûr la cause féminine.

« Bag Lady » illustre parfaitement son intention, à travers l’usage de la métaphore, elle encourage les femmes à se débarrasser de toutes leurs peines, leurs complexes, leurs douleurs, ou leurs peurs. Elle retrace les échecs et la tristesse causées par les amours ou les expériences passées pour avancer. « Bag Lady » est donc une métaphore qui désigne les femmes qui portent en elles de lourds griefs.

 « Bag lady you gon’ hurt your back, Dragging all them bags like that » : elle interpelle ainsi la femme et la prévient du mal qu’elle s’inflige en gardant toutes ses blessures en elle. « I guess nobody ever told you, all you must hold onto » : elle fait preuve d’empathie à l’égard de cette femme qui semble ne pas savoir surmonter ses traumas parce que personne ne l’a aiguillé.

 « One day all them bags gon’ get in your way… so pack light ». Elle l’invite à nouveau à extérioriser ses griefs, sa douleur, sa souffrance autrement un jour où l’autre, ils se poseront en obstacle à son bien être présent ou futur.  « Bag lady you gon’ miss your bus, You can’t hurry up cause you got too much stuff ». Elle la prévient que sans cela, elle loupera le coche, qu’elle sera incapable de se dépêcher d’avancer dans la vie car, à force de vivre dans le passé, elle trainera trop de bagages en elle.

 « When they see you coming, niggas take off running, from you it’s true, Oh yes they do ». Elle affirme que toute cette souffrance intériorisée sera si lourde à porter qu’elle se lira sur son visage et fera fuir les hommes, que ceux-ci lui diront constamment qu’elle est trop envahissante. C’est pourquoi, elle l’invite à alléger son cœur pour s’apaiser. « One day, he gon’ say you crowding my space… so pack light ».

Dans la dernière partie de la chanson, Erykah Badu se pose en grande sœur et amie compatissante en exprimant qu’elle comprend combien parfois il est difficile de pardonner et d’oublier quand quelqu’un nous blesse profondément. Dans ces moments là, il est tellement difficile de nier sa tristesse que l’on pleure. Il faudra alors, selon elle, prendre une profonde inspiration, un nouveau souffle et laisser partir toutes ces émotions négatives, colère, tristesse, ressentiment, insécurité ou méfiance, de côté pour se sentir mieux. Elle conclut en insistant sur le pouvoir de l’amour réparateur. « Bet ya love could make it better » mais il semble que l’amour réparateur dont parle Erykah Badu n’est finalement pas autre chose que l’amour de soi.

Dans le visuel, Miss Badu est accompagnée de plusieurs femmes vêtues de couleurs

Les différentes tenues ne sont pas sans rappeler celles que portaient les comédiennes dans la pièce de Ntozake Shange « For colored girls » qui aborde aussi la thématique de la souffrance émotionnelle et de la résilience des femmes. S’en serait-elle inspirée ? C’est fort possible quand on sait l’affection que porte l’artiste pour la poésie. Dans cette chanson, le message à retenir finalement est que la vie est un voyage durant lequel il faut avancer en n’emportant que les bagages positifs et en laissant derrière soi tout le négatif. Belle leçon d’optimisme Miss Badu!

Par: Jailyn

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