IAMDDB a embrasé la bellevilloise à Paris

04 décembre 2017 - 197 vues

Vendredi 1er décembre à la Bellevilloise, IAMDDB, l’enfant terrible de « l’urban-jazz » a frappé fort !

Diane Debrito plus connue sous le nom d’IAMDDB, chanteuse mancunienne, née au Portugal d’un père saxophoniste d’origine angolaise, Manuel DeBrito et semble-t-il, d’une mère capverdienne a commencé à se faire un nom en publiant sur son Soundcloud un morceau intitulé « JAZB » posé sur une prod de Flying Lotus.

Toutefois sa popularité a littéralement explosé avec le titre « Leaned out » publié en 2016 qui caracole au top des playlists du moment. Elle y affirme son tempérament de feu, sa personnalité décalée, délurée, insaisissable mais authentique : « I’m wavy, you have no control/ I cannot and won’t conform ».

Fidèle à elle-même comme elle le rappelle dans nombre de ses chansons, c’est cette même personnalité qu’elle a imposée sur la scène de l’une des salles souterraines de la Bellevilloise vendredi soir.

Pour l’occasion, elle ne portait pas les « patras » bordeaux qu’elle arbore dans plusieurs de ses clips mais son emblématique « braid-out » qui lui seyait parfaitement. De rouge et de noir vêtue, la belle à l’aura magnétique a investi la scène avec son énergie débordante, prête à envoyer sa « sauce ».

La chanteuse âgée de 21 ans mais déjà auteure de trois EP remarqués a chanté : « Shade », « Ooo », « More », tirés de son EP « Hoodrich Vol 3 » publié en 2017 ; « Back again ; « Doobies », « Teardrops » et « Dripcity » de l’EP « Vibe Vol.2 » publié la même année ; « Pussycat » et « Keep it G » de l’EP « WAEVEYBBY Vol. 1 » qui date de fin 2016. 

Son style surfe sur les vagues de la Néo-soul, du R’N’B alternatif, du Jazz et de la récente Trap music. Elle a donc transporté son audience à travers les différents univers de ses EP qui ont la particularité de se distinguer les uns des autres par l’ambiance dans laquelle il nous plonge : le jazz-soul pour « WAEVYBBY Vol. 1 » et « Vibe Vol. 2 » et la trap pour « Hoodrich Vol.3 ».

Sa voix hypnotique qui fait écho à celle de chanteuses comme Erykah Badu, Jorja Smith, Abra, ou encore Lianne La Havas, a conquis un public parisien visiblement familier de son flow élastique, « chill », naturel, lequel se mariait bien avec les sonorités électroniques, presque célestes de certaines prods.

Les chansons étaient souvent courtes et déstructurées dans le sens où elles ne comptaient parfois ni refrain, ni pont, mais il fallait s’y attendre car premièrement IAMDDB ne fait rien comme les autres et deuxièmement, bien plus qu’une chanteuse, IAMDDB est une « vibeuse ». Elle aime laisser libre court à son flow sur la musique, alterne nonchalamment le parler, le rapper, le chanter en se focalisant sur l’authenticité des émotions et l’énergie qui en découlent.

La bonne qualité des prods fait oublier la simplicité des paroles de certaines chansons qui ne sont pas pour autant vides de sens. En effet, IAMDDB promeut l’indépendance, l’authenticité, le self-impowerment mais aussi la nécessité de profiter de la vie et s’amuser.

Aussi, ses transitions comme ses nombreuses interactions avec son public révélaient à la fois la maturité de celle qui ne doit sa réussite qu’au travail et l’insouciance d’une jeunesse qui aime se détendre en fumant de la « weed » et en disant des sottises.

C’est sans doute pour cela que l’on retrouve dans ses chansons beaucoup d’égotrip utilisé, semble-t-il comme un moyen pour l’artiste de ne jamais oublier sa valeur ou encore une affirmation de l’importance de l’indépendance. En effet, IAMDDB a contre toute attente avoué d’une part, avoir longtemps lutté contre sa timidité et d’autre part, ne pas vouloir être signé par un label afin de rester maîtresse d’elle-même et de son art.

Outre son enthousiasme communicatif, l’excentrique IAMDDB s’est encore une fois distingué par les slogans qui introduisent, ponctuent ou concluent chacune de ses chansons : « Keep it G of course », « I got the sauce », « mermaid season » que le public a scandé à l’unisson. Elle a par ailleurs cette façon de dire « listen », « yeah, yeah » et « oooh » qui nous ferait presque regretter de ne pas être natifs de Manchester.

La chanteuse a conclu le concert avec le morceau « Shade » adressé à ses détracteurs qu’elle a chanté trois fois sous la demande d’un public insatiable.

Par: Jailyn

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