Festival de Cannes 2018, « Noire n’est pas mon métier » 16 actrices contre les discriminations

18 mai 2018 - 400 vues

Elles sont seize à avoir pris la parole, seize actrices françaises ont décidé d’écrire le livre « Noire n’est pas mon métier », publié aux éditions du Seuil. Elles ont décidé de dénoncer l’archaïsme du milieu de la comédie et du cinéma qui n’inclut pas assez les actrices dans leurs réalisations, sous prétexte que trop de projets ne correspondent pas à leurs couleurs de peau. Mais noires ou métisses, ce n’est qu’un derme, elles sont pleines de volonté, de talent et d’ambition, et elles ouvrent les portes à toute une génération d’actrices en devenir. Nous sommes bien au XXIe siècle et il est temps de sortir des carcans raciaux.

C’est avec plaisir qu’on a pu les voir monter les marches du Festival de Cannes placé sous le signe des droits des femmes. Avant elles quatre-vingt deux actrices dont la Présidente du jury Cate Blanchett avaient monté ensemble les escaliers du tapis rouge. Tout comme elles, elles se sont arrêtées à mi-chemin pour montrer que le combat n’était pas terminé. Féministes, libres, elles veulent faire valoir leur droit de travailler dans l’industrie du cinéma, au-delà de leur couleur de peau. Car si leur sexe est déjà un obstacle, leur peau foncée peu devenir une double peine.

 

Aïssa Maïga a initié le livre et invité de nombreuses actrices. « Pour les femmes de couleur, le racisme est plus difficile à combattre que le sexisme »

Sonia Rolland l’a rejoint « Pas assez claire », pour tel rôle, « pas assez africaine » même aux yeux d’un réalisateur afrodescendant, ou bien «trop foncée» pour une Miss France… Elle n’est pas en reste d’anecdote.

Firmine Richard, qui enchaine les films depuis 30 ans les soutient de son expérience. « À l’époque, les Noirs étaient aux PTT, à la RATP, pas à la télé ! » 

La jeune génération a répondu à son invitation et témoigne également pour nous faire réaliser que 2018 est aussi représentative des inégalités.

Karidja Touré explique « Si on veut que ça avance, chacun peut prendre sa part : les cinéastes, le milieu de la publicité, les médias... C’est toute une chaîne de responsabilités. Chaque maillon compte.»

« Oui, noire, en France, on peut devenir actrice. Pour les adolescentes d’aujourd’hui, ce n’est plus un horizon inaccessible. » Assa Sylla l’affirme haut et fort.

Par: Hanazade MRADABI 

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